Des probiotiques pour maigrir ?

Une étude récente, prenant pour sujet certaines bactéries probiotiques, semble avoir abouti à une découverte intéressante. Il serait possible d'aider les femmes à maigrir grâce à l'utilisation de probiotiques pour modifier la flore intestinale. Cette étude, menée par l'université de Laval ainsi que par Nestlé et son centre de recherche, est toutefois à prendre avec des pincettes.

La méthodologie de l'étude

Les chercheurs ont décidé d'expérimenter une souche spécifique de bactéries appelée Lactobacillus rhamnosus sur des personnes obèses des deux sexes et cela afin de déterminer si ces bactéries pourraient avoir un impact positif sur la perte de poids.

L’hypothèse retenue était basée sur un fait reconnu : la flore bactérienne des personnes en surpoids n'est pas similaire à celle des personnes sans problème de poids. Cette différence de flore bactérienne résulterait d’une consommation trop importante de graisses et d’un apport trop limité en fibres. Cette hygiène alimentaire favoriserait alors la présence de certaines bactéries au détriment d'autres. La surabondance de ces bactéries jouerait alors un rôle dans la difficulté qu'ont les personnes obèses à perdre du poids.

Les chercheurs ont donc cherché à normaliser l'équilibre bactérien dans les intestins grâce à l'ingestion de bonnes bactéries, capables de modifier la flore et de l'améliorer. Pour cela, 125 candidats en surpoids ont été retenus et chacun a suivi une diète dont le total calorique était assez modéré, et cela pendant 12 semaines consécutives. Enfin, pour 12 semaines supplémentaires, les candidats ont suivi une diète dont le but était de stabiliser leur poids. Les sujets ont été divisés en deux groupes, l'un a pris un placebo alors que l'autre a eu le droit à 2 gélules des fameuses bactéries Lactobacillus rhamnosus chaque jour.

Des résultats chez les femmes !

Au bout des 12 premières semaines de diète, les résultats publiés dans le British Journal of Nutrition n'ont pas été probants. En tout cas si l'on considère les groupes dans leur ensemble. Mais en analysant les résultats en séparant les hommes et les femmes, les chercheurs ont découvert une nette différence dans la perte de poids dans le groupe des femmes ayant reçu les gélules de bactéries. En effet, dans le groupe des hommes, aucune différence significative n'a pu être trouvée entre ceux qui prenaient le placebo et les autres. Mais, dans le groupe des femmes, celles sous placebo ont perdu environ 2,6 kilos alors que les autres se sont débarrassés en moyenne de 4,4 kilos.

Probiotiques

De plus, lors de la période de stabilisation il a été noté que le groupe de femmes encore sous probiotiques a profité d'une nouvelle mais légère perte de poids d'environ 600 grammes de graisse. En faisant les comptes, on comprend alors que la perte de poids totale correspond au double de celui des femmes qui n'ont reçu que le placebo

Concernant les hommes, les chercheurs ne s'expliquent pas encore le manque de résultats. Certains ont avancé que cela pourrait provenir d'un dosage inapproprié ou que l'étude, trop courte, n'avait pas eu le temps de démontrer d'effets.

Conclusion

L'étude semble donc pointer vers un effet positif des bactéries Lactobacillus rhamnosus sur la flore intestinale et, par extension, sur la perte de poids. Des relevés ont même indiqué, qu'à la fin de l'étude, la leptine, l'hormone de l'appétit, était en quantité moindre chez ceux qui ont consommé la souche de bactérie administrée par les chercheurs. De même, ces candidats avaient une plus faible quantité de bactéries liées à l’obésité composant leur flore intestinale.

Mais, il faut tout de même souligner un point important : l'étude a été partiellement réalisée par le centre de recherche de Nestlé à Lausanne. De plus, les bactéries probiotiques utilisées sont la propriété de la marque Nestlé. Il n'est alors pas difficile d'avoir quelques retenues sur la conclusion de cette étude qui servira sans doute de base à l'élaboration de nouveaux produits Nestlé, des yaourts probablement. Le fait que seul le groupe de femmes ayant reçu ces bactéries ait profité de véritables effets est aussi un élément à prendre en compte et qui semble pouvoir aller dans le sens de futurs arguments commerciaux.

Attention donc à ne pas prendre le résultat de cette étude pour argent comptant. Il faudra sans doute attendre d'autres études plus approfondies et plus indépendantes pour pouvoir statuer sur un effet réel des Lactobacillus rhamnosus sur la perte de poids.

Il faut également noter que toute l'étude semble reposer sur la modification de la flore bactérienne des personnes obèses. Mais rien ne dit que cela aura un quelconque effet sur des personnes ayant des soucis de poids moins importants. De plus, une autre étude portant sur des yaourts aux probiotiques n'a pas noté de modifications réellement significatives de la flore intestinale chez les personnes les consommant. Ces résultats sont à garder en tête lorsque l'on considère l'étude Nestlé et sa possible future utilisation pour vanter les produits de la marque.

Fitadium seche

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